Projet Accompagnement Solidarité Colombie

Présence paramilitaire et menace de massacre CURVARADÓ Y JIGUAMIANDÓ

9 December 2012

- Action Urgente - Modèle de lettre à envoyer !

- Résumé -

Un témoin a informé la Commission de Justicia y Paz que des structures paramilitaires planifient de réaliser un massacre au Curvarado et Jiguamiando, Choco. Cette opération serait financée par les entrepreneurs et éleveurs qui occupent illégalement le territoire du Curvarado. Le témoin a aussi indiqué que l’impunité de cette opération serait garantie grâce à un artifice qui permettrait à la Brigade 17 de se laver les mains de toute responsabilité.

Le plan consisterait à assassiner des leaders des villages de Nueva Union, Bijao Onofre, Caño Manso, Andalucia, el Guamo et Camelias, qui revendiquent la restitution des terres qu’ont leur  a volé par le biais d’opération militaires et paramilitaires, de déplacements forcés et de massacres, ayant été commis il y a 15 ans grâce à la complicité de l’Armée. Ils et elles dénoncent également que ces terres ont ensuite été occupées et utilisées par des entrepreneurs pour des projets agro-industriels de palme, de banane, de yuca, pour l’exploitation forestière et l’élevage extensif et qu’elles continuent d’être utilisées par ceux-ci en toute impunité, bénéficiant de l’inaction de l’Armée et du gouvernement et ce malgré les sentences émises par la Cour Constitutionnelle afin de protéger les droits afrodescendants.

La planification de ces assassinats collectifs se produit au même moment où l’on observe l’augmentation de la présence paramilitaire allant de paire avec l’augmentation de la militarisation du Curvarado.

- Les faits -

Le 7 décembre dernier, les membres du conseil communautaire de Llano Rico, territoire du Curvarado, ont constaté l’avancée de la construction de la base du bataillon de « Combat de Forêt #100 ». Les habitant ayant été délogés affirment que  militaires construisent cette base sur des terres qui sont occupées illégalement par l’entrepreneur DARÍO MONTOYA, bénéficiaire d’opérations paramilitaires.


Par ailleurs, le 25 novembre dernier, durant le programme radio "Entre Etnias" transmis à Apartado, il a été affirmé que c’est la Commission de Justicia y Paz qui empêche le progrès et qui est responsable des assassinats de Argenito Díaz et de Manuel Ruíz (paysans du processus de résistance civile du Curvarado qui ont été assassinés par les paramilitaires). Ils ont aussi affirmé qu’ils provoqueraient bientôt la mort de la leader afrodescendante Maria Ligia Chaverra. Des entrepreneurs de la palme africaine, des plantations de bananes et de l’élevage extensif sont actuellement sous enquête pour les crimes ayant été commis contre Argento Díaz, Manuel Ruiz et son fils Samir, tout comme le rôle joué par la police et la Brigade 17 de l’Armée pour leur responsabilité par action ou omission dans ces crimes. Quant à la leader Maria Ligia Chaverra a dénoncé au niveau national et international le rôle joué par les entrepreneurs dans le vol des terres et de graves menaces pèsent contre sa vie. Elle a d’ailleurs fait l’objet à plusieurs reprises de tentatives de criminalisation par le biais de montages judiciaires fondés sur de faux témoignages.

En parallèle, le 24 novembre, une vingtaine d’hommes armés appartenant aux groupes paramilitaires ont installé des campements au sein des terres collectives de la communauté d’El Guamo, au Curvarado. Les paramilitaires qui se sont identifiés comme « Autodefensas Gaitanistas » intimident la population de ce village depuis samedi dernier et entrent sans permission dans les maisons de manière permanente depuis leur arrivée. Ils ont exprimé aux habitants qu’ils feraient un nettoyage social et se sont informés sur la présence de la guérilla dans les parages. Ils ont aussi menacé qu’ils avanceraient jusqu’à la montagne Cara de Perro pour se confronter à la guérilla. La montagne Cara de Perro est un lieu sacré de la réserve autochtone Embera, au Jiguamiando, et est convoité par des entreprises minières pour l’exploitation d’or, de cuivre et de molybdène, dont la compagnie canadienne Santa Fe Metals Corp.
Les paramilitaires ont menacé les membres du Conseil communautaire du Guamo que s’ils dénonçaient leur présence, ils en souffriraient les conséquences. Parmi les paramilitaires qui occupent le village d’El Guamo se trouve un paramilitaire connu comme Andrés Moreno. Ces derniers se déplacent en moto du village de Santa Marta jusqu’à El Guamo. À Santa Marta, des entrepreneurs occupent illégalement des terres des communautés noires et menacent sans cesse les afrodescendants qui réclament leurs terres.

Même si le gouvernement a essayé de donner l’apparence d’un processus de restitution des terres réussi au Curvarado par des actes publicitaires, dans la réalité les structures paramilitaires continuent d’exercer un contrôle coercitif sur la population de la région afin de favoriser les entrepreneurs qui occupent illégalement les terres.
Malgré le fait que les communautés du Curvarado bénéficient des mesures provisoires leurs ayant été accordées par la CIDH, l’État colombien ne donne toujours aucune réponse efficace aux mesures collectives de protection demandées par les communautés.

Exigences aux autorités colombiennes compétentes:

Face à cette situation, en conformité avec l’article 23 de la Constitution nationale colombienne et en fonction de vos compétences institutionnelles, nous demandons que nous soient fournies des réponses efficaces et ce par écrit aux questions suivantes :

1. Quelles actions immédiates et expéditives seront prises afin d’éviter que soit commis le massacre annoncé par les structures paramilitaires à l’encontre des communautés du Jigumiando et du Curvarado qui réclament leurs terres, menace que nous avons dénoncé depuis le 15 novembre dernier dans notre Constancia E-COO-576-2012 ?

2. Quelles enquêtes de type pénales et disciplinaires seront ouvertes à l’encontre des unités militaires de la Brigade 17 pour avoir commis le délit d’omission, en violation de leur devoir juridique d’agir pour protéger en tant que garants et représentants de l’État.

3. Devant les menaces de mort évidentes contre les leaders du Curvarado et Jiguamiando, quelles actions préventives seront mises de l’avant ? Dans combien de temps recevront-ils des réponses efficaces quant à leur revendications de pouvoir récupérer leurs terres et d’obtenir des garanties afin de pouvoir habiter et utiliser librement les territoires collectifs sans recevoir continuellement des menaces ?

4. Quelle est la réponse du gouvernement face à la demande des membres des conseils communautaires et de l’association des Zone Humanitaires et Zones de Biodiversité du Curvarado et Jiguamiando d’obtenir des mesures de protection collectives ?


Notre préoccupation est profonde,

Comisión Intereclesial de Justicia y Paz

Bogotá D.C., 7 décembre 2012

 

Résumé et Traduction libre : PASC

 

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MODÈLE DE LETTRE À ENVOYER AUX AUTORITÉS COLOMBIENNES

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Montreal, lunes 10 de diciembre del 2012.



Ref: CURVARADÓ Y JIGUAMIANDÓ – CHOCO
Presencia paramilitar y amenaza de masacre.





JUAN MANUEL SANTOS
Presidente de la República de Colombia

ANGELINO GARZÓN
Vicepresidente de la República de Colombia

FERNANDO CARRILLO FLÓREZ
Ministro del Interior

RUTH STELLA CORREA
Ministra de Justicia

MARÍA ANGELA HOLGUÍN
Ministra de Relaciones Exteriores

JUAN CAMILO RESTREPO
Ministro de Agricultura

JUAN GABRIEL URIBE
Ministro de Ambiente y Desarrollo sostenible

EDUARDO MONTEALEGRE
Fiscal General de la Nación

ALEJANDRO ORDÓÑEZ
Procurador General de la Nación

JORGE ARMANDO OTÁLORA
Defensor Nacional del Pueblo



Ante el conocimiento de un plan de los paramilitares para asesinar a líderes y lideresas de los caseríos de Nueva Unión, Bijao Onofre, Caño Manso, Andalucía, El Guamo que exigen restitución de predios despojados por operaciones armadas consentidas por la fuerza pública hace 15 años y su uso por empresarios de la palma, banano, yuca, maderas y ganadería, situación que demuestra la ausencia de medidas eficaces para dar cumplimiento de las órdenes emanadas por la Corte Constitucional en protección de los derechos de las comunidades afrodescendientes;

Ante la justificación y la responsabilidad del posible asesinato en los próximos días de la lideresa LIGIA MARÍA CHAVERRA;

Ante la conducta omisiva que significa comisión por omisión de las fuerzas regulares adscritas a la brigada 17, quienes en su posición de garantes en representación del Estado tienen el deber jurídico de actuar ante la posible ejecución de un hecho punible.

Le expresamos nuestra profunda indignación y preocupación y le solicitamos que tomando a consideración los siguientes hechos, se actue de manera pronta y eficaz para proteger la vida y integridad personal de los habitantes de las Zonas Humanitarias y Zonas de Biodiversidad de las cuencas de los ríos Curvarado y Jiguamiando.


Hechos :

* Viernes 7 de diciembre  en predios del consejo comunitario de Llano Rico, territorio de Curvaradó, se constató el avance en la construcción inconsulta de la base de mando del batallón de Combate de Selva N° 100. La construcción continúa en predios ocupados de mala fe por el empresario DARÍO MONTOYA, beneficiario de operaciones paramilitares, según informan desalojados.

* Sábado 24 noviembre hacia las 9:00 a.m. en inmediaciones de la comunidad de El Guamo en el territorio colectivo de Curvaradó, un grupo de 20 paramilitares portando prendas privativas de la fuerza pública, con armas de largo alcance abordaron a integrantes del Consejo Comunitario preguntando por el paradero de la guerrilla. Los hombres que se identificaron como paramilitares manifestaron que se dirigirían hasta el cerro Cara de Perro para enfrentarse con la guerrilla e intimidaron a la población advirtiendo que si denunciaban su presencia en el lugar sufrirían las consecuencias. Luego de amenazarlos les advirtieron: ¨ustedes no han visto nada¨ y "limpiaremos de rateros de la zona". Entre los paramilitares que se asentaron en el caserío de El Guamo se encuentra el reconocido como ANDRÉS MORENO. Estos se movilizaron en motocicleta hasta el caserío Santa María y de allí llegaron al Guamo.

* Domingo 25 de noviembre aproximadamente a las 7:00 a.m., en el programa radial "Entre Etnias" emitido en Apartadó Estéreo en el que participaron DARÍO BLANDÓN, expersonero de Río Sucio; se afirmó que la Comisión de Justicia y Paz era responsable del asesinato de ARGENITO DÍAZ, MANUEL RUÍZ y su hijo SAMIR RUÍZ y próximamente darían muerte a la lideresa MARÍA LIGIA CHAVERRA.


En conformidad con el artículo 23 de la Constitución Nacional y de acuerdo a sus competencias institucionales solicitamos se sirvan dar respuesta eficaz y por escrito a las siguientes preguntas:

1. ¿Qué acciones inmediatas y expeditas se tomaran para evitar la comisión de la masacre que viene siendo anunciada por las estructuras paramilitares desde el pasado 15 de noviembre como se denuncia en la Constancia E-COO-576-2012 en contra de las comunidades reclamantes de tierra de las cuencas de los ríos Jiguamiandó y Curvaradó?

2. ¿Qué investigaciones de tipo penal y disciplinario se adelantaran en contra de las unidades militares adscritas a la brigada 17 por la comisión del delito de omisión ante la violación de su deber jurídico de actuar por su posición de garantes y representantes del Estado?

3. ¿Ante las evidentes amenazas de muerte que actuaciones preventivas van a realizar? ?En qué tiempo habrá respuestas frente a su reclamación de la tierra, a las medidas de garantías para habitar y usar la tierra y para dar respuesta a las amenazas?

4. ¿Qué respuesta existe frente a la solicitud de medidas colectivas requeridas por los integrantes de los consejos comunitarios y de la asociación de Zonas Humanitarias y de Biodiversidad del Curvaradó y Jiguamiandó?

5. ¿Qué medidas especiales adoptará la Unidad Nacional de Protección, frente a los abusos cometidos por los ocupantes de mala fe en contra de las familias del territorio colectivo de Pedeguita Mansilla?


Dado el riesgo inminente para la vida e integridad física de los miembros de los consejos comunitarios del Jiguamiando y Curvarado, le solicitamos respetuosamente, se actue de manera pronta y eficaz y se nos haga llegar, en la mayor brevedad posible, un informe por escrito con las medidas que tomaran las distintas autoridades competentes frente a la gravedad de esta situación.


Atentamente,

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