Projet Accompagnement Solidarité Colombie

Roches, pétrole, parole !

12 Junio 2014

La troupe du projet Trous de mémoire vient de rentrer de tournée !

Cette pièce inspirée du théâtre-forum et montée par plusieurs militant.es du PASC touche la question de l’extraction des ressources minières et pétrolières. A travers trois saynettes, elle met en jeu des oppressions liées à l’arrivée de cette industrie dans des régions convoitées pour leurs ressources extractives. Au cours de la pièce, les spectateurs.trices, transformé.es en spect-acteurs.trices, sont invité.es à venir changer l’issue des conflits qui y sont soulevés. Cette forme de théâtre, originaire du Brésil, permet d’explorer et d’expérimenter collectivement des possibilités, des idées et des actions dans une perspective d’empowerment.

Après plusieurs représentations en Gaspésie et dans le Bas-St-Laurent, la troupe s’est dirigée vers la Côte-Nord, pour finir par un passage à Montréal et dans Lanaudière. Plusieurs spect-acteurs.trices rencontré.es dans ces régions ont décrits les thèmes abordés par la pièce, soit la question du travail, des impacts sociaux-environnementaux, de la fabrication du consentement et de la solidarité internationale (luttes locales/globales), comme représentatifs de la réalité qu’ils et elles vivent et des enjeux qui les traversent. Cependant, ces régions restent particulières dans leur histoire et les réponses qu’elles proposent face aux conflits présentés. Par exemple, les alternatives au travail dans l’industrie extractive ont davantage été explorées en Gaspésie que sur la Côte-Nord, région où les villes sont historiquement construites à cette fin et où le climat ne facilite pas forcément l’exploration de d’autres possibilités, notamment agricoles ou touristiques. Mais la mise en lien et les échanges sur les enjeux vécus dans ces régions peuvent permettre d’approfondir les réflexions et être générateurs de force au sein des luttes qui peuvent y être menées.


Qu’il s’agisse des centres des femmes ou des groupes écologistes qui ont ouverts leurs portes à la troupe le temps d’une soirée, c’est à la fois la capacité de sensibilisation sur des enjeux collectifs et l’ouverture de lieux communs de rencontres, de discussions et d’échanges dans des contextes où ces espaces manquent, qui fut remarqué et apprécié. Histoires à suivre…

PASC

TROU DE MÉMOIRE DANS LA PRESSE LOCALE

De spectateurs à «spectActeurs»

 

 

Baie-Comeau – Sensibiliser et mobiliser la population québécoise sur les enjeux liés à l’extraction des ressources naturelles telles que le minerai, le pétrole et le gaz naturel, voilà le pari du théâtre-forum Trous de mémoire qui s’arrêtait à Baie-Comeau et à Pessamit, les 20 et 21 mai.

Le phénomène de l’extractivisme était au cœur de cette pièce participative incitant les quelque 25 spectateurs réunis au Kafé-Kibboutz du cégep de Baie-Comeau à devenir «spectac-teurs». Les cinq acteurs à l’origine du projet ont mis en scène l’arrivée hypothétique de la compagnie internationale Mégalo, venue au village de Sainte-Mémoire pour en exploiter les ressources naturelles. Après avoir assisté à une version pessimiste de la pièce, les spectacteurs ont été invités à intervenir directement pour en modifier le cours. Ainsi, nombre d’entre eux se sont mis dans la peau d’Émilie, la protagoniste qui remet en question les bienfaits supposés de l’arrivée de Mégalo. Ils lui ont donné une voix après l’avoir vue ignorée, écrasée et muselée sur scène.
Stimuler la réflexion La formule vise à soulever des questions sur les pratiques des compagnies qui s’adonnent à l’extractivisme et les conséquences de la fluctuation des prix des ressources naturelles du marché mondial sur les petites communautés des «régions-ressources» du Québec. Et ça fonctionne, puisqu’au moins le tiers des spectateurs a pris parole, certains allant jusqu’à jouer une Émilie plus coriace face aux manipulations du PDG de Mégalo, M. Lafortune, et de la complaisance de la conseillère municipale de Sainte-Mémoire, Mme Potdevin.

La pièce a engendré un lot de réflexion, l’audience cherchait des solutions aux problèmes évoqués durant les saynètes et la plupart des participants créaient des liens entre la fiction jouée devant eux et les difficultés économiques qu’ils ont vécues ces dernières années. Des gens de tous âges, provenant d’un peu partout dans la Manicouagan et même d’aussi loin que Québec, ont proposé des pistes d’action pour répondre à ces problèmes.

Les organisateurs de l’événement ont profité de la scène finale pour leur demander de prendre position vis-à-vis la stratégie à adopter pour contrer Mégalo : lutter localement ou miser sur la solidarité mondiale. «Si c’était arrivé à 400 mètres d’ici, on serait probablement assis dans notre salon», philosophait l’une des participantes, lorsqu’interrogée sur la possibilité de s’unir pour mieux se défendre.

Tournée québécoise La troupe de comédiens du Projet accompagnement solidarité Colombie (PASC) ont accepté l’invitation de Michel Savard, de la Table des groupes populaires, pour venir se produire à Baie-Comeau. Après leur passage au cégep, les membres du PASC poursuivaient leur route sur la Côte-Nord, se rendant à Pessamit le 21 mai et à Sept-Îles les 22 et 23 mai. Ils avaient préalablement arpenté les côtes de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, des régions aux prises avec des difficultés similaires à ceux que vivent les Nord-Côtiers. Le forum-théâtre est issu de la collaboration entre le PASC, Daviken Studnicki-Gizbert, professeur d’histoire à l’Université McGill, et le McGill Research Group Investigating Canadian Mining in Latin America (MICLA).

 

Page 32 : http://www.lemanic.ca/archives/2014/2014-06-11/

Autor: 
PASC