Projet Accompagnement Solidarité Colombie

Le conflit colombien et les investissements canadiens en Colombie, une introduction

23 Marzo 2013

Le projet actuel du gouvernement colombien d'extraire toujours plus massivement et rapidement les ressources naturelles prétend être un remède à une crise globale ayant des composantes environnementales, sociales, économiques et politiques alors qu'il en est une des sources principales. C'est dans ce contexte que les mouvements sociaux colombiens se mobilisent pour créer les conditions d'une paix durable mettant fin au conflit social, politique et armée que vit le pays depuis plus de 50 ans. Ces mouvements sociaux soumettent des propositions concrètes afin de mettre fin aux causes structurelles qui alimentent le conflit – l'exploitation des ressources naturelles et des terres en premier lieu – et mettent de l'avant des modèles alternatifs de développement.

La flexibilisation et la tolérance au non-respect des normes du travail ayant pour but d'attirer les grands capitaux aggravent la précarisation de millions de travailleurs au même moment où les cadres législatifs nationaux et internationaux prouvent leur inefficacité à protéger les droits des communautés rurales et urbaines face aux mégas-projets de développement. Les normes environnementales sont également insuffisantes face à l'ampleur du virage à prendre pour garantir des conditions de vie dignes dans un environnement sain. Sur le plan économique, les gouvernements priorisent l'investissement étranger au détriment des propositions de développement local ancrées dans des traditions culturelles et économiques bien établies et mettent en péril la sécurité alimentaire de millions de personnes.

L’État colombien ne respecte pas les bases élémentaires de la souveraineté nationale en signant des accords économiques bilatéraux qui imposent la mise en place de politiques qui laissent des millions de personnes dans la misère et qui alimentent le conflit social et armé. Les gouvernements et les multinationales sont donc des acteurs directs d'une guerre dont ils profitent. En signant un accord de libre-échange avec la Colombie (ALECC) en vigueur depuis 2011, le gouvernement canadien s'est engagé à promouvoir le respect des droits de la personne dans un pays tristement reconnu comme étant un des plus dangereux pour la défense des droits humains et où un conflit armé perdure depuis plus de 50 ans. Les données révélées par le Système d'information sur les agressions à l'encontre de défenseurs des droits de la personne (SIADDHH) nous indiquent que les agressions commises à l'encontre de défenseurs des droits de la personne en 2012 sont en hausse de 49% par rapport à l'année 2011 ; 69 d'entre eux ont été assassinés, chiffre record depuis les dix dernières années 1. De plus, les conclusions préliminaires du Rapport alternatif sur les impacts de l’Accord de libre-échange Canada-Colombie sur les droits de la personne 2 nous apprennent que certains investissements canadiens ont vraisemblablement contribué à cette situation 3. La pétrolière canadienne Pacific Rubiales Energy n'est pas en reste.

Notes

1. El efecto placebo, Informe Anual 2012, Sistema de Informacion sobre Agresiones contra Defensoras y Defensores de Derechos Humanos en Colombia, SIADDHH, Programa Somos Defensores, Bogota, 2013.

2. Version en anglais disponible au :http://www.ccic.ca/_files/en/working_groups/apg_2012-05-14_brief_CCOFTA_Human_Rights_Impact_Report.pdf. Pour un résumé en français : http://www.pasc.ca/fr/article/rapport-alternatif-sur-les-impacts-de-l%E2%80%99accord-de-libre-e%CC%81change-canada-colombie-sur-les.

3.  Shadow Report, Executive Summary, Premilinary Conclusions of a baseline study on the human rights impacts of the Canada-Colombia Free Trade Agreement, Guillermo Correo and Yessica Hoyos, Escuela Nacional Sindical (National Labour School) and the Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo, june 2012.


 

Autor: 
PASC

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