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16/02/2009

Un modèle répressif à son apogée

Publié dans la piedra No5, “Un mensonge répété mille fois devient vérité” - Joseph Goebbels

Par Gustavo Mendoza L. Ex-prisonnier politique

Le pénitencier de Girón (Palogordo, département de Santander), inauguré le 18 septembre 2003 est depuis sa création une zone de non droits pour les reclus, une situation qui s'aggrave avec la présente administration du Colonel José Alfonso Bautista Parra. Dès son ouverture, ce pénitencier des plus controversés se voit mêler à un scandale en lien avec la valeur exorbitante des terrains achetés auprès du gouvernement du département de Santander. Les coûts entraînés par la surenchère foncière justifièrent l'incapacité de respecter les délais de construction et les premiers prisonniers en payèrent la note... Dans les jours suivants le transfert des premiers détenus, la prison ne détenait toujours pas de service d'eau, et l'alimentation était fournie par la prison Modelo de la ville avoisinante. Une fois le pénitencier rempli à pleine capacité, les failles extravagantes de sa conception apparurent au grand jour. Le système d'approvisionnement en eau n'était pas seulement insuffisant ( 5 minutes d'accès par jour), il distribuait une eau non potable! ( Notons au passage que les paysans des environs déjà soumis à un sévère rationnement de l'eau avaient vu d'un très mauvais oeil l'arrivée de 2000 nouveaux consommateurs non attendus. ) En établissant le pénitencier à 14 km de l'agglomération urbaine de Girón sur une route non asphaltée dans un endroit isolé et difficile d'accès, un préjudice additionnel a été porté aux prisonniers et à leurs visiteur-es, qui doivent défrayer les coûts du voyage et compter en moyenne une heure et demi de route depuis la ville, selon l'état de la route. Les administrations pénitencières se sont succédées, mais aucune n'a fait preuve de sensibilité humaine à l'égard de la population carcérale et aucune solution n'a été apportée aux problèmes liés à l'accès à l'eau, aux programmes éducatifs, à la possibilité de réaliser du travail artisanal ou au respect de la dignité des visiteur-es. Face à ces problèmes, les prisonniers ont déployé différents moyens de pression, dont les grèves de la faim. Depuis le début de l'année, les prisonniers ont entamé trois grèves de la faim pour revendiquer le respect de leurs droits humains fondamentaux (eau et alimentation, santé, éducation, etc.) et l'introduction immédiate de mesures concrètes pour améliorer leur conditions de vie au sein du pénitencier. Pendant l'administration de l'actuel directeur, le Colonel de l'Armée colombienne José Alfonso Bautista Parra, la situation, loin de s'améliorer, s'est détériorée sur plusieurs plans, comme l'ont dénoncé les prisonniers et les organisations de défense de droits humains, mais également (parfois à couvert) de larges secteurs de l'administration de la prison ainsi que des organismes étatiques de contrôle rejetant la vision militariste et autoritaire du Colonel. En poste depuis 3 ans, son administration a assisté à deux homicides et à d'innombrables agressions entre les prisonniers. Alors, s'il faut évaluer la « Nouvelle culture pénitencière » de l'INPEC et de ses filles légitimes que sont les prisons et pénitenciers de haute sécurité conçus par le Bureau fédéral des prisons des États-Unis (US Federal Bureau of Prisons – BOP) selon leur objectif ultime qu'est la sécurité, on se doit de conclure que cette administration a obtenu de médiocres résultats. Et si l'on se réfère plutôt à l'objectif défini par la Loi 65 de 1993 sur les fins de la peine d'emprisonnement , soit la socialisation : les échecs de cette administration sont fracassants. Tel que prévue par le Plan Colomblie, l'aide technique fournie par le BOP, impliquant des experts conseils états-uniens tant dans la conception même des établissements que dans l'élaboration de la réglementation interne et des manuels de sécurité, a modifié la politique pénitencière colombienne en l'arrimant à un objectif unique : la sécurité. Cette "nouvelle culture de sécurité" adoptée par l'INPEC se réalise au détriment des droits fondamentaux des reclus et fait obstacle à l'amélioration de leurs conditions de vie, rendant désuet l'objectif de socialisation. Les nouvelles orientations participent à rompre la résistance des détenus, particulièrement des prisonniers politiques, à travers des techniques de « torture sèche », l'éloignement du milieu familial et social et l'isolement face aux mouvements sociaux dans lesquels participait la majorité. Ces prisons sont devenues de véritables camps de concentration pour les prisonniers. Alors que les paramilitaires ont été récompensés de leurs années de services rendus à l'État par des prisons de moyenne sécurité et un règlement spécial dans les pavillons consacrés aux détenus participant au processus de démobilisation (Loi de Justicia y paz). Notons que la réglementation de ces pavillons particuliers n'a jamais été divulguée publiquement, chose allant à l'encontre de la loi. De passage dans le département de Santander, le Ministre de l'intérieur déclarait récemment que la surpopulation des prisons représente la principale cause de violation des droits des prisonniers. Comme unique et grande solution, le Ministre annonçait la construction de 11 nouvelles prisons ayant une capacité d'accueil de 24 000 détenus – soit une augmentation de 40% de la capacité totale au niveau national. Outre l'accroissement annuel de la population carcérale de 25%, ces chiffres incluent 10 000 places additionnelles destinées, selon les dires du Ministre, «à faire face à l'augmentation de la population recluse ». C'est ainsi que le Ministre nous dévoile tout bonnement les plans d'emprisonnement de 10 000 compatriotes dans l'application de la phase 2 du Plan Colombie, dont l'axe fondamental est le contrôle social du territoire, stratégie par laquelle on prétend reconstruire le tissu social ravagé par la composante paramilitaire de la première phase du Plan. Ce dessin se réalise à travers des projets gérés par la USAID (Agence de développement international des États-Unis) suivants le modèle de concertation et de participation institutionnelle. Le succès de cette stratégie de contrôle sociale du territoire implique d'en finir avec les processus de résistance sociale et leurs organisations, ce qui, dans la phase 2 du Plan, se réalise par le biais de la judiciarisation des militant-e-s sociaux. En ébranlant la dite « confiance des investisseurs », ces mouvements sociaux se présentent maintenant comme le principal obstacle à l'appropriation de nos ressources naturelles par les multinationales, étant donné que, dans le contexte actuel de « post-conflit », les organisations insurrectionnelles seraient défaites sur le plan stratégique. L' augmentation du nombre de détenus est également à mettre en lien avec la multiplication des conflits sociaux provoquée par la crise économique qui se dessine à l'horizon, conséquence de la grande dépendance de l'économie colombienne envers le marché nord-américain. À en croire les propos belliqueux tenus par le Président Uribe à l'encontre des autochtones du Cauca actuellement en mobilisation, ces futurs conflits recevront un traitement de guerre. Pour ce gouvernement, le nouveau tissu social devra être dépendant de la coopération internationale, assistancialiste et politiquement de « centre », afin de conjurer pour toujours les possibilités de soulèvement dans le pays. Les grands titres des journaux du pays devraient être: « Le Ministre annonce 10 000 nouveaux prisonniers dans le pays ». Ces prisonnier-ères proviendront assurément des organisations sociales, syndicales, populaires, de défense des droits humains, qui proposent de construire démocratiquement un pays distinct. N'oublions pas que certains de ces nouveaux détenu-es seront confronté-es à la nouvelle arme de l'impérialisme: L'EXTRADITION. Un châtiment auparavant réservé aux rebelles qui sera bientôt appliqué à toutes formes d'opposition politique et sociale. Car, comme l'a signalé l'ex-fiscal Gomez Mendez, l'extradition passera d'instrument de coopération judiciaire à instrument de pression et de négociation politique contre toute organisation – armée ou non – qui s'oppose à la remise des derniers résidus de notre souveraineté.
Carta al director del INPEC Señor Director General del INPEC, desde aquí le manifestamos, con las palabras de los mismos presos de la Penitenciaría “Señores INPEC: si su dignidad humana es inviolable la de los presos también” Ojalá construyamos entre todos una sociedad donde la palabra tenga de nuevo valor y no termine convertida en slogans repetidos mil veces, que pretenden ocultar la pavorosa realidad. Son ya cinco años de constantes violaciones a los derechos Humanos y fundamentales de los presos recluidos en Palogordo, cinco años de administraciones de ex-militares que agreden permanentemente la dignidad de los presos y sus familias…¿Hasta cuando? ¿Será que tendrá que morir alguno de los presos que adelantan Huelga de Hambre para que el INPEC decida un cambio de rumbo en la administración de esta penitenciaría?
Author
Gustavo Mendoza L. Ex-prisonnier politique