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CPGCB émet une déclaration trompeuse sur les découvertes archéologiques faites à Unist’ot’en

18 Mars 2019
Le 8 mars 2019, la Commission sur le Pétrole et le Gaz de la Colombie-Britannique (CPGCB) a émis un communiqué pour répondre à la « plainte archéologique » faite par Unist’ot’en après la découverte sur leur territoire de plusieurs anciens artefacts d’outils de pierre sur le site où Coastal Gaz Link (CGL) projette de faire leur Camp 9A. Le communiqué contient des informations trompeuses et sans fondement. Le plus récent communiqué de la CPGCB confirme que des outils de pierres ont été enlevés de nos territoires sans notre consentement et affirme que l’emplacement d’où les outils de pierre ont été enlevés n’était « probablement pas leur emplacement d’origine ». Le communiqué argue qu’il « n’est pas possible de conclure de façon définitive où se situait leur emplacement original ». Nous sommes d’accord sur le fait que ces artefacts n’ont pas été trouvés à l’emplacement où nos ancêtres les ont laissés puisque qu’ils ont été retrouvés sur un site qui été durement perturbé par les bulldozers de CGL. Le communiqué cryptique de CPGCB, qui note que les artefacts ont été déplacés de leur emplacement original, ne mentionne pas le rôle qu’ont joué les activités industrielles de CGL dans la perturbation de ce site culturel et qui a mené au déplacement des artefacts. Nous croyons que cela crée de la confusion et encourage des spéculations blessantes et racistes comme quoi le peuple d’Unist’ot’en mentirait ou falsifierait les preuves de notre préexistence sur ces terres. En réponse à ce que prétend CPGCB par rapport au fait que les artefacts n’auraient « pas été retrouvés à leur emplacement d’origine », l’archéologue Smithsonien, le Dr. Chelsey Armstrong a dit : « Il s’agit d’une déclaration extraordinaire de la part de la CPGCB et elle requiert des preuves extraordinaires. Le communiqué est au mieux trompeur et la position de la Branche [archéologique] n’est pas claire. Mais cette insinuation est certainement controversée alors elle se doit d’être examinée immédiatement par des archéologues indépendants. » Le communiqué de la CPGCB affirme qu’une visite – pas une enquête – du site archéologique a été faite peu de temps après que les travaux aient été arrêtés au Camp 9A le 14 février. Les archéologues n’ont pas encore été évaluer la portion de l’oléoduc situé à Unist’ot’en bien que d’autres secteurs aient été évalués et que de nombreux sites archéologiques ont été enregistrés selon les procédures. Le communiqué ne fait aucune mention de la raison pourquoi la porte-parole d’Unist’ot’en, Freda Huson, qui, après la découverte des artefacts, a tenté à de nombreuses reprises de contacter la CPGCB et la Branche archéologique de la Colombie-Britannique, n’a reçu aucune réponse pendant près d'un mois. « Ils ne pensent pas que l’oléoduc menace des sites parce qu’ils n’ont pas cherché de sites. Les relevés archéologiques et les permis de la CPGCB ont été désespérément erronés dès le départ. Ils continuent d’accélérer le travail sur l’oléoduc tout en ignorant les inquiétudes de Wet’suwet’en par rapport à l’intégrité de leurs terres et leur héritage culturel », a dit Anne Spice, candidate au PhD. Le Dr Armstrong ajoute que le secteur en question a un fort potentiel archéologique puisqu’il se situe au confluent de trois rivières majeures, qu’il y a d’innombrables lieux aux noms Wet’suwet’en, qu’il y a un réseau de sentiers majeurs et que le Camp 9A lui-même passe au beau milieu d’un sentier de commerce préhistorique bien connu. Les travaux archéologiques effectués jusqu’à maintenant en lien avec la proposition du projet d’oléoduc de Coastal GazLink, démontrent clairement un manque de compréhension sur l’histoire orale de Wet’suwet’en, sur les outils de nos ancêtres et sur nos lois et protocoles par rapport au traitement des objets et des lieux qui ont une importance culturelle. Cette approche manque de respect à notre titre et à nos droits autochtones ainsi qu’à notre profonde connexion à nos terres ancestrales. La lettre ouverte signée par des archéologues d’un bout à l’autre de l’île de la tortue et endossée par l’Office de Wet’suwet’en est clair : CGL est actuellement en activité sur notre territoire grâce à des permis qui ne protègent pas l’héritage culturel du peuple Wet’suwet’en et qui ne reconnaissent pas le fort potentiel archéologique de ce site. Nous sommes certains que ces outils de pierre ont été fabriqués par nos ancêtres. Sur nos terres. Ils y reposaient jusqu’à ce que les bulldozers de CGL les déterrent pour les exposer. Ces outils confirment notre rôle de longue date en tant qu’habitants et gardiens de ce territoire, rôle qui est protégé et confirmé par notre titre et nos droits autochtones. La déclaration publique de la CPGCB est particulièrement décevante en considérant le manque de communication en bonne et due forme avec Unist’ot’en à propos de ce problème. Aucune tentative n’a été faite pour nous inclure dans les travaux archéologiques en cours sur notre propre territoire. Les artefacts culturels de Wet’suwet’en ne peuvent pas être adéquatement identifiés et analysés sans l’apport du peuple Wet’suwet’en. Nous insistons à nouveau pour que tout travail archéologique fait sur le territoire d’Unist’ot’en soit effectué avec le consentement du peuple Unist’ot’en et sous la supervision de nos consultants archéologues. Nous pressons la Branche archéologique et la CGPCB de reconnaître nos préoccupations et de démontrer du respect au peuple Unist’ot’en et à nos ancêtres au lieu de continuer la destruction et l’effacement de notre culture. Pour de plus amples informations, contacter : Freda Huson Unist’ot’en Dark House Anne Spice Tlingit PhD Candidate, Anthropology, CUNY Graduate Center tsewedielh@gmail.com 778-924-4000
Auteur: 
unistoten.camp