Projet Accompagnement Solidarité Colombie

Les menaces, la stigmatisation et le harcèlement contre les leaders et les leadeuses se poursuivent dans le sud du Bolívar.

27 Juillet 2017

DÉNONCIATION PUBLIQUE

La Commission de dialogue du sud du Bolivar, du centre et du sud du Cesar (Comisión de Interlocución del Sur de Bolívar, Centro y Sur del Cesar – CISBCSC), dénonce auprès de la communauté nationale et internationale, des mouvements sociaux, des défenseurs et des défenderesses des droits de la personne et des autorités compétentes les violations des droits de la personne qui porte atteintes à la vie et à l’intégrité physique des personnes touchées.

LES FAITS

Le 2 juillet 2017, monsieur FELIPE PEÑA VELÁSQUEZ, président de la Junte d’action communale (JAC) de la localité de San Rafael et représentant légal de l’Association des pêcheries artisanales de San Rafael (Asociación de Pescadores Artesanales de San Rafael – ASOPASAR), a été menacé et intimidé lorsqu’il quittait, accompagné de quelques amis, la cantine de Monsieur Aníbal Pallares, qui se trouve à San Rafael, dans la municipalité d’Arenal, au sud du département de Bolívar. Une personne inconnue armée d’un pistolet lui a dit « qu’il avait reçu l’ordre de l’assassiner et qu’il ne le faisait pas parce qu’il s’était renseigné, qu’il savait qu’il était une bonne personne et qu’il n’avait pas d’argent, mais qu’il devait quitter la région s’il ne voulait pas perdre sa vie ». L’agresseur lui a alors demandé de ne pas bouger pendant qu’il enfourchait sa motocyclette et qu’il s’éloignait en direction de l’hôtel de ville. Il semble que ce dernier l’avait suivi.

Avant cet incident, monsieur Felipe avait reçu un appel téléphonique. Son interlocuteur exigeait un versement et le menaçait, lui disant que s'il ne payait pas, il devrait quitter la région, sans quoi il serait considéré comme un objectif militaire par l’organisation.

Felipe Peña Velásquez est le frère du leader social et défenseur des droits de la personne ROMULO PEÑA VELASQUEZ, animateur populaire de radio communautaire Negrita Stereo et porte-parole du Conseil communautaire des communautés résistantes noires Cimarrone. Le 9 juin, à 16 h 10, Casimira Olave Arrincon Amelá, porte-parole de la CISBCSC et membre du Congrès des peuples (CDP), se déplaçait entre la localité de San Rafael et l’hôtel de ville d’Arenal, sur la route de la ferme de Goya appelé « le cloaque », lorsque quatre membres de la police en provenance de la station de la municipalité d’Arenal l’ont sifflé. Ils ont ensuite confisqué sa motocyclette, ont procédé à son arrestation et l’ont photographié. Selon différents témoignages de la communauté, le maire de la localité avait ordonné que les forces de l’ordre suivent ce « leader social ». De plus, il avait affirmé lors de réunion que « celui-là, il faut le surveiller ».

De plus, le maire a visité à de nombreuses reprises la responsable de l’éducation du département du Bolivar, usant de son influence pour calomnier l’enseignant, de manière à ce que ce dernier soit contraint de quitter la région.

ROMULO PEÑA VELASQUEZ, en plus d’être  « leader social » et défenseur des droits de la personne, enseigne à l’école Ema Troncoso Rabelo de la localité de Buenavista et fait partie du syndicat des enseignants. La nomination des enseignants est régie par l’article 2277 du code des enseignants.

Ces faits font l’objet de sérieuses préoccupations, compte tenu des intentions du maire qui voulait contraindre l’enseignant à quitter la région. À cela, s’ajoute le harcèlement par les forces de l’ordre et les menaces proférées contre ses proches, comme dans le cas de FELIPE PEÑA VELÁSQUEZ.

Le 4 juillet de l’année en cours, lors d’une réunion du Conseil municipal de Gamarra, dans le Cesar, les meneurs de la communauté étaient rassemblés avec le personnel de la municipalité et deux personnes qui affirmaient être des membres de la SIJIN, qui menaient des enquêtes sur l’implication de « leaders » et des mouvements sociaux auprès de la CISBCSC, ce qui démontre une fois de plus la stigmatisation et la persécution subies par les mouvements sociaux.

Le 12 juillet, nous nous sommes présentés en tant que groupe de « leaders et leadeuses sociaux » devant la Fiscalía General de la Nación afin de réaffirmer qu’être « leader social » n’est pas un crime et que nous ne sommes pas contre le fait qu’ils enquêtent sur nous. Cependant, nous voudrions être au courant de ce qu’on nous reproche exactement et que les avocats soient informés des accusations, comme gage de bonne volonté de la Fiscalía, lorsque cette dernière envoie des gens à la recherche des « leaders et leadeuses » de la CISBCSC dans la municipalité de Gamarra.
NOUS SOLICITONS
La solidarité des organisations de défense des droits de la personne au niveau national et international et leur accompagnement.

NOUS EXIGONS

Du gouvernement national : les garanties afin de mener librement les luttes dans les mouvements sociaux et que cessent les signalements, la stigmatisation, la persécution et les menaces contre nos  « leaders et leadeuses » .

De la Fiscalía General de la Nación qu’elle enquête sur ces incidents et prennent les mesures nécessaires.

LA COMMISSION DE DIALOGUE DU SUD DU BOLIVAR, DU CENTRE ET DU SUD DU CÉSAR — CISBCSC

JUAN MANUEL SANTOS CALDERÓN
Président de la République de Colombie
Téléphone : 5662071, Fax : (+57 1) 566.20.71
Courriel : comunicacionesvp@presidencia.gov.co
Adresse : Carrera 8 No. 7 -26 Palacio de Nariño — Bogotá

GILLERMO RIVERA
Ministre de l’Intérieur
Téléphone : (571) 2427400 Ext. 1200 - 1203.
Courriel : servicioalciudadano@mininterior.gov.co
Adresse : Casa La Giralda : Carrera 8 No. 7 — 83, Bogotá.

NÉSTOR HUMBERTO MARTÍNEZ NEIRA
Fiscalia General de la Nación
Téléphone : 570 20 00 - 414 90 00
Courriel : contacto@fiscalia.gov.co, denuncie@fiscalia.gov.co
Adresse : Diagonal 22 B No. 52-01. Bogotá, D.C.

CARLOS ALFONSO NEGRET MOSQUERA
Défenseur du peuple national
Téléphone : (1) 314 40 00 Exts : 2315 – 2316
Courriel : defensoria@defensoria.org.co
Adresse : Carrera 9 No.16-21 Piso 11 Bogotá D.C

FERNANDO CARRILLO
Procureur Général de la nation
Téléphone : (1) 587850 - 018000910315
Courriel : anticorrupcion@presidencia.gov.co,
quejas@procuraduria.gov.co
Adresse : Cra. 5 No.15 – 80F Bogotá D.C.

TODD HOWLAND
Représentant en Colombie de la Haute-Commission de l’ONU pour les droits de la personne,
Bureau de Bogotá, D.C. :
Téléphone : (571) 658 3300, Fax (57-1) 658 3301
Courriel : quejas@hchr.org.co
Adresse : Cll 113 No. 7–45, torre B, Oficina 1101 Edificio Teleport Business Park,
Bogotá DC

Auteur: 
Comisión de Interlocución del Sur de Bolívar, Centro y Sur del Cesar

 

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