Projet Accompagnement Solidarité Colombie

Menaces contre des organisations de défense de droits humains

9 Janvier 2008

Face à la gravité des fausses accusations proférées à l’encontre d’organisations et d’individus défenseurEs de droits humains en Colombie, nous voulons manifester ce qui suit à l’opinion publique:

Le 15 décembre dernier le journal El Espectador, de Bogotá, publiait un article intitulé « Santos :la guerre se gagne ..et l’autre » signé par Plinio Apuleyo Mendoza dans lequel entre autres il accuse les « ONG de gauche spécialisées dans la guerre juridique contre les militaires comme Justice et paix, le Collectif d’avocats José Alvear Restrepo, le Réseau européen de fraternité avec la Colombie, le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques, MINGA, Brigade de paix internationale et beaucoup d’autres dans le pays et à l’extérieur » d’être des ressources de la guérilla.

Nous considérons ces accusations contre ces organisations et les personnes qui les composent de la plus haute gravité, exposant ces dernières à de sérieux danger et obstruant le travail de défense de droits humains auquel s’adonnent celles-ci dans un pays où l’on dénombre justement le plus grand nombre d’assassinat à l’encontre des personnes se dédiant à cette activité, personnes contre lesquelles s’attaque le commentateur ci-haut mentionné.

Nous respectons les libertés de la presse, d’opinion et d’information, mais nous croyons que ces dernières doivent s’astreindre à un minimum éthique et légal, lesquelles dans ce cas n’ont pas été respectés par monsieur Mendoza qui a encore une fois franchi un pas inacceptable, qui serait condamné dans toute société démocratique, un pas entre journaliste et délateur aux services de la calomnie dans une logique de criminalisation perverse qui tend et peut conduire à l’assassinat des personnes ciblées et ce sans aucune source tangible ni preuve quelconque, ce qui en soit constitue un grave danger pour les membres de ces organisations de défense des droits fondamentaux.

Mr Mendoza, au court de sa sinistre histoire, profitant de sa charge diplomatique, ce qui de plus engage la responsabilité officiel de l’État, lui permettant et encourageant sa présence et celles des instances qui reproduisent sous quelque forme que ce soit ces agressions, a donné suffisamment d’exemples de son manque de véracité, d’équité et de responsabilité comme lors de ses attaques médiatiques à l’encontre de l’ex mairesse d’Apartado Doña Gloria Cuartas et le sacerdote jésuite, Père Javier Giraldo, tout deux menacés de mort suite à ses publications.

Ce personnage s’est efforcé pendant des années de se rapprocher des cercles intellectuels colombiens mais il n’est jamais parvenu à égaler la valeur moral, artistique ou de création culturel de la plupart de leurs membres dont le talent est clairement reconnu. Cependant il fut l’auteur d’un livre, appelons le ainsi, dans lequel il citait les 100 meilleurs auteurs colombiens du XXième siècle, liste dans laquelle il n’a pas hésité de s’inscrire lui et sa femme, tout en laissant de cotés des auteurEs de grande importance. Ce texte fut prorogé par Alvaro Uribe, qui réalisa la présentation publique de celui-ci; le même Uribe qui l’a nommé ambassadeur de Colombie au Portugal avec l’appui de l’ambassadrice en Espagne Noemi Sanin porte-étendard de l’uribisme le plus fervent.

Mendoza a non seulement a son actif de s’être associé à des branches du paramilitarisme comme lorsqu’il s’est allié à l’un de ses défenseurs, le général d'alors Harold Bedoya et les groupes paramilitaires du Chucuri, auteurs de crimes atroces au début des années 1990; mais il a aussi rendu hommage à l’ex général Rito Alejo del Rio, sous la responsabilité duquel s’est déroulée l'« Opération Genèse » en février 1997 lors de laquelle ont agis conjointement les troupes de la brigade 17, alors sous son commandement, avec les unités paramilitaires pour éliminer les communautés afrodescendantes du Bas Atrato, causant des milliers de victimes, morts, déplacés, disparus et torturés. Tout le long de cet hommage, il était accompagné d’Alvaro Uribe, aujourd’hui président.

Autre fait public notable du personnage : sa virulence dans la défense du néolibéralisme le plus rétrograde et d’extrême droite, étant co-auteur de plusieurs écrits, avec Álvaro Vargas Llosa et Carlos Alberto Montaner, dans lesquels ils s’évèrvent contre les droits des peuples et les droits humains. Mendoza est de plus connu en Espagne pour son étroite relation avec la fondation FAES et autres cercles de la droite la plus fermée.

Il est inadmissible qu’un journal du prestige d’ El Espectador offre une tribune à des articles dont l’objectif est de cibler où peut-être tiré la prochaine balle contre un défenseur de droits humains. Il est également inadmissible qu’en ayant une charge diplomatique comme celle de l’ambassade de Colombie à Lisbonne on puisse impunément et cyniquement cibler les organisations visées par Mendoza, lesquelles agissent en toute transparence et objectivité en faveur des victimes de crimes contre l’humanité qui ont à diverses étapes été préparés, exécutés et impunis par les sphères du pouvoir civil public et privé. Ces organisations participent par leur travail á ce qu’un jour en Colombie l’on atteigne un réel État de droits, celui qui s’il existait, poursuivrait pénalement les instigateurs de graves actes criminels comme l’est Plinio Apuleyo Mendoza.

Personne ne doit, et encore moins Mr mendoza , avec son obscure passé, tenter de salir les activités de toutes les personnes qui font parties de ces organisations qui sont un exemple d’engagement historique pour la défense des droits humains universellement reconnus, personnes qui de fait sont déjà menacées en Colombie pour leur louable combat.

Si quelconque personne membres des organisations ciblées en venait à être attaquée de quelque façon que ce soit, nous savons déjà qui, entre autres responsables, nous devrons dénoncer devant les instituions nationales et internationales. Nous ne permettrons pas par notre silence qu’une autre attaque contre les défenseurs de droits humains puissent être couverte sous l’argument de la liberté de la presse. Exprimer son opinion est une chose, exprimer son opinion sur qui devrait être assassiné en est une autre .

Le 23 de décembre 2007

Auteur: 
Coalition d'ONG internationales

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