Projet Accompagnement Solidarité Colombie

Demande de mesures conservatoires à la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) pour protéger les leaders sociaux

10 Mai 2018

Les sénateurs Aliro Uribe Muñoz et Iván Cepeda, conjointement avec  des organisations de la société civile, ont fait un appel à la Commission interaméricaine des droits humains pour que des mesures de précaution soient adoptées afin de protéger la vie des leaders sociaux et des défenseurs de droits humains en Colombie.

Ils ont demandés la mise en place d’un mécanisme par lequel un groupe d'expert-e-s fassent respecter les mesures de protection à caractère collectif.

Lors d'une conférence de presse, ils ont fait allusion à la hausse du nombre d'assassinats et d'agressions contre ceux qui défendent les droits humains en Colombie. Selon Somos Defensores, depuis le début de l'année 2018, il y a eu 46 assassinats, en plus des 282 assassinats enregistrés entre 2016 et 2017.

D'autre part, ils ont montré les lacunes de l'État colombien à garantir la protection des leaders et àmener les enquêtes sur les meurtres qui ont eux lieux.

PÉTITION DES 445 LEADERS SOCIAUX
Selonc le sénateur Iván Cepeda, une pétition collective a été déposée à Washington, au siège de la CIDH : «  cette demande regroupe 445 femmes et hommes leaders sociaux, qui représentent une collectivité de personnes faisant l'objet d'extermination en tant queleaders sociaux et défenseur-e-s dans le pays".
Le sénateur explique que les pétitions ont pour objectif d'octroyer des mesures conservatoires s, étant donné que « les assassinats ne se sont pas arrêtés (...) et les mesures qui ont été prises ne sont pas suffisantes ».


L’ÉTAT COLOMBIEN A LE DEVOIR DE PROTÉGER SES CITOYENS
Pour sa part, le représentant Alirio Uribe Muñoz a souligné que les mesures conservatoires  de la CIDH doivent être obligatoirement fondées et conformes au devoir de l’État de protéger ses citoyens.
Il indique qu’il a été dénoncé que les homicides sont en relation avec les activités réalisées par les défenseurs des droits humains et qu'il y a des modèles selon lesquels ils ont été commis.
Le sénateur dit que la mesure conservatoire cherche « à mettre l’État dans l'obligation de protéger ses citoyens », gardant à l'esprit que les autorités « connaissent  la situation de risque que vivent les défenseurs des droits humains ». Dans 80% des cas, c'est le secteur agraire, les autochtones, les paysan-ne-s et les afro descendant-e-s qui sont touché-e-s.
Il rappelle que la mesure conservatoire  doit être un réveil, une alarme pour l’État, qui a choisi la militarisation « des territoires où il y a des meurtres qui se produisent encore ». Il affirme que, par exemple, l’État ne fait pas d’efforts pour faire baisser les chiffres des assassinats, selon Indepaz se sont 64 leaders assassinés depuis 2018.


LES ORGANISATIONS SOCIALES DEMANDENT QUE LES HOMICIDES S'ARRÊTENT.
À l'appel des sénateurs, se sont joints les organisations sociales et les mouvements qui défendent les droits humains. Ceux-ci soulignent la préoccupation dû aux manquements des institutions et des procureurs à faire avancer des enquêtes pour connaître les auteurs des crimes commis contre les leaders sociaux du pays.

La Coccam (Coordinateur ational de cultivateurs de Coca, Amapola et Marihuana) affirme que seulement cette année 31 leaders de cette organisation ont été assassinés, avertissant que les bandes criminelles et les groupes armés « règnent  sur les territoires » où a été réalisé un travail de substitution volontaire des cultures illicites. La Coccam affirme : « il n'est pas possible que des assassinats se poursuivent sans que rien ne se passe, nous avons besoin de mesures collectives et non individuelles ».
Pour sa part, le Mouvement des victimes de crimes d'État (MOVICE) a indiqué que les victimes n’ont pas été au centre des accords de paix comme ça avait été prétendu au début. De même, Aida Avella, membre du parti politique Union patriotique (Unión Patriótica),  a rappelé que des mesures devaient être mises en place pour protéger la vie des défenseurs « afin d'éviter l’effusion de sang comme cela c'est passé avec la UP dans les années 90 ».

Lien Url : http://www.contagioradio.com/solicitan-medidas-cautelares-a-cidh-para-proteger-a-los-lideres-sociales-articulo-53068/

Auteur: 
Contagio Radio