Projet Accompagnement Solidarité Colombie

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20 Septiembre 2006

1. RÉCENTE MISE-À-JOUR DE HAZEL HILL

Kanonhstaton, 7 septembre 2006.

Bonjour de Grand River.

Le soleil vient d’apparaître au-dessus des arbres et le monde a l’air beau et paisible. Dans ma maison, tout le monde est occupé à se préparer pour l’école et le travail. On consulte les horaires d’autobus et on discute des besoins pour l’art, le théâtre, la science, la musique, etc. pour l’école tout en préparant les lunches. Ce petit coup d’œil dehors est un doux rappel et aide à faire l’équilibre en moi, face au chaos que nous sentons parfois dans la vie. Mais c’est le type de chaos sans lequel on ne vivrait jamais. Les choses les plus simples dans la vie peuvent parfois avoir l’air du chaos, mais elles sont exactement ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Nos enfants et le temps que nous passons avec eux. Ce temps pendant lequel on pense leur enseigner les leçons de la vie, alors qu’en fait ce sont eux qui nous enseignent. En les regardant partir pour l’école et en pensant aux sacrifices que même eux font pour le futur de notre peuple, je suis remplie de fierté et de chagrin. Combien de « notre » temps a été pris pour les réunions et les entrevues et le temps passé sur le site. En fin de compte, quand nous en parlons, nous sommes tous d’accord que nous ne ferions pas autrement.

Oui, l’école est de retour et toutes les préoccupations de l’école la plus près du site de réclamation ont été exprimées, des parents qui se sentent menacés par notre présence aux autres qui affirment que le terrorisme et la violence ont mis la peur de la vie dans leurs enfants. Mais quand la cloche de l’école sonne et que le silence résonne à travers le site et la cour d’école, je me demande de quoi exactement il faut avoir peur. On m’a toujours dit que les seules choses dont il fallait avoir peur étaient la peur elle-même… et bien-sûr le Bonhomme Sept-Heures. Je n’ai jamais pensé une seule fois que je serais le Bonhomme Sept-Heures! En fait, le Bonhomme Sept-Heures est créé dans les esprits de quelques-uns qui, comme quand nous étions des enfants, laissent leur imagination prendre le dessus, commencent à raconter les histoires qu’ils ont inventé dans leurs têtes à leurs amis, qui à leur tour les racontent à leurs amis, qui le racontent à leurs amis, et ainsi de suite jusqu’à ce que bientôt l’histoire est maintenant devenue un conte et est présentée comme factuelle et est publiée sur leur site web. Ce qui est pire, c’est que les gens les rapportent aussi aux journaux comme si c’étaient des faits et qu’au lieu de tenter de les vérifier, les journaux les publient! Nos négociations ont été interrompues mardi parce que le ministre était « bombardé » de rumeurs voulant que la clôture de la cour d’école qui était en construction avait été interrompue parce que les travailleurs ont été menacés par les gens sur le site. Mais les actions sur le site disent une histoire différente. Les travailleurs cimentaient les poteaux, la police surveillait les progrès des travaux, et notre sécurité est allée vérifier qu’aucun des travailleurs n’avait été dérangé et pour s’assurer que tout allait bien. Le journal qui a publié l’histoire des travaux interrompus n’est évidemment pas allé sur place pour vérifier les faits, ils ont publié ce qui allait vendre leurs journaux. Et ceci est ce à quoi nous devons faire face depuis le début de la réclamation. Peu importe comment nous essayons de diffuser la vérité de notre perspective à l’extérieur, nous sommes écrasés par des potins, des rumeurs et des contes de fée sur comment les pauvres gens de Caledonia en ont assez du bruit, des lumières et de la visibilité des « terroristes » ou « occupants » sur le site. Des potins et des rumeurs.

Ce sont ces choses qui entravent notre vie quotidienne. Mais c’est aussi ce qui a empêché la vérité actuelle au sujet de la réclamation d’être publiée, et malheureusement, c’est aussi ce que le panel de trois juges va regarder quand ils vont déterminer si l’appel devrait être accordé ou non. Et ceci mes amis, c’est exactement ce sur quoi ils comptes. Si les juges rejettent l’appel à cause de ce qui est publié, alors le processus de négociations est effectivement arrêté, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’on ordonne à l’OPP ou à n’importe quelle autre force armée de nous déloger de notre territoire.

Je veux prendre une minute pour partager un peu de ce qui n’a pas été publié et ce qui se passe réellement. Jeudi dernier, les ministres Ramsay et Prentice ont diffusé une lettre commune, à travers les médias, au Chef Alan McNaughton et au Conseil de notre Confédération pour demander que les ATV’s, le bruit, les feux d’artifice et les lumières arrêtent sur le site. C’était une tactique politique pour gagner des votes, mais aussi une tactique pour donner l’impression au reste du monde qui regarde que c’est ce qui se passe réellement sur le site, continuellement! Premièrement, le conseil des hommes et des femmes à Kanonhstaton a déjà réduit les patrouilles, est respectueux des voisins, a pas mal respecté chaque préoccupation qui est amenée à notre attention par l’OPP ou les représentants provinciaux et fédéraux à la table des négociations et nous le faisons immédiatement. Nous avons conseillé sur plusieurs enjeux et avons même dû demander à certains de nos propres gens qui ont violé cette paix de se retirer du site. Nous faisons de notre mieux pour nous conduire en conformité avec la Kaienerekowah.

Mais qu’est-ce qui arrive quand nos préoccupations sont amenées de l’autre côté. Qui ramène ces gens à l’ordre? Depuis la diffusion jeudi de la lettre des ministres, qui a pour effet de menacer le processus de négociations pacifiques, nous avons été en alerte jaune continuelle. Dans la nuit de vendredi, nous avons reçu un appel téléphonique de l’OPP nous avisant que deux autobus pleins de non-supporters venaient dans notre direction depuis Hamilton. Les résidents de Caledonia tiraient des feux d’artifice au hasard et des gens se sont encore rassemblés au Canadian Tire plaza et au Tim Hortons. Samedi soir, c’était en gros la même situation avec un rapport de plus de 40 voitures pleines de gens qui menaçaient de faire des actions semblables. Un couple Onkwehonweh qui s’était arrêté au Tim Hortons pour une tasse de thé du soir qu’ils tentaient d’apprécier dans leur véhicule ont eu une femme avec une caméra vidéo dans leur face, probablement pour récolter des « preuves » qu’ils menaçaient leurs vies d’une manière ou d’une autre en étant là, et une autre femme Onkwehonweh qui tentait d’apprécier un repas à Ancaster a entendu une conversation d’un groupe de non-autochtones qui disait : « Donnez-moi 15 bons hommes et il n’y aura plus de problème Indien et j’ai mon alibi parce que ma femme dira que j’étais à la maison toute la soirée. »

À peu près en même temps, le Globe and Mail publiait un article dans lequel le résident de Caledonia Steven Tong était cité en disant qu’il a son fusil sorti sans le cran d’arrêt et qu’il était prêt à l’utiliser sur les manifestants sur le site. Entre temps, le maire Trainer est à la télévision nationale disant que deux femmes des Haldimand Townships sont venues à son bureau pour lui dire aussi que si le gouvernement n’allait pas les expulser du site, qu’elles allaient le faire en utilisant des armes. Qui exactement menace la sécurité des gens pas seulement sur le site, mais aussi des enfants qu’ils prétendent protéger et des gens dans leur quartier. Et encore, qui ramène ces gens à l’ordre pour leurs menaces. La menace de violence est réelle, mais elle ne vient pas des gens sur le site. Les ministres qui ont fait conjointement la demande au Conseil de notre Confédération seraient mieux de regarder dans leur propre cour et de faire passer le message à leurs propres gens, y compris à des députés comme Toby Barrett, dont je comprend qu’il faisait partie des gens qui se réunissaient la fin de semaine pour prendre les choses dans leurs propres mains.

Ce qui m’amène à une demande de Kanonhstaton. Nous demandons à tous les gens qui soutiennent le processus de négociations PACIFIQUES de bombarder les bureaux de tous vos députés, des ministres, des premiers ministres, des dirigeants des négociations Jane Stewart et Barbara McDougal et de chacun et tous les bureaux du gouvernement, y compris la Gouverneure Générale et la Reine, avec des lettres demandant de faire face aux menaces de violence par les résidents de Caledonia et de leurs supporters, et que le Canada remplisse ses responsabilités face aux Traités qui lui ont été remis par la Couronne. La réclamation de notre territoire et tous les transferts et ventes frauduleux de territoire Onkwehonweh ne seront considérés que si le peuple du Canada et tout notre soutien international demandent que le Canada assume la responsabilité pour ses actions.

Nous n’avons pas créé cette situation, nous ne faisons que tenter de la rectifier, pour nos enfants et pour les générations futures. Nous sommes passés à l’action et avons re-réclamé un territoire qui nous revient de droit. Nous sommes ici en Paix et l’avons été depuis le 28 février. Maintenant que la Couronne a enfin reconnu et est d’accord que le territoire à Kanonhstaton est en fait sur la table et qu’il faut y faire face, ils ont besoin d’entendre de leurs électeurs qu’il en est de même de l’honneur de la Couronne : le Canada va-t-il permettre à la haine et aux violentes expressions de racisme de ses citoyens de continuer et possiblement créer un nouvel Ipperwash, ou va-t-il se servir des leçons du passé pour s’assurer que la violence s’arrête et admettre à ses citoyens que c’est à cause de leurs propres actions et abus de pouvoir que nous sommes dans cette situation aujourd’hui.

En Paix, Amour et Lumière,

Hazel Hill















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2. PRESSIONS URGENTES

Pour faire connaître vos préoccupations, envoyez un email, fax ou téléphonez à:

To voice your concerns send an email, phone or fax:

Prime Minister Stephen Harper
Office of the Prime Minister
80 Wellington Street
Ottawa K1A 0A2
Fax: 613-941-6900
Email: pm@pm.gc.ca

Jim Prentice, Minister of Indian Affairs and Northern Development and
Federal Interlocutor for Metis and Non-Status Indians Parliament
Hill:
House of Commons Ottawa, Ontario
K1A 0A6
Telephone: (613) 992-4275
Fax: (613) 947-9475
Email: Prentice.J@parl.gc.ca

Barbara McDougall, Federal Negotiator
Former Cabinet Minister
c/o Stephen Harper

Jane Stewart
Provincial Negotiator, Province of Ontario
Former Brantford MP and former Federal Indian Affairs Minister c/o
Dalton McGuinty, Premier of Ontario Legislative Building, Queen's
Park
Toronto, Ontario
M7A 1A1
Phone Number: (416) 325-1941
Fax Number: (416) 325-3745
Email: Dalton.McGuinty@premier.gov.on.ca

3. Modèle de lettre

Au : Premier Ministre Stephen Harper

Jim Prentice, Ministre des Affaires Indiennes et du Développement du Nord et Interlocuteur Fédéral pour les Métis et les Indiens Sans-Statut

Je vous écris pour vous presser de réagir face aux menaces de violence posées par les résidents de Caledonia et leurs supporters contre la réclamation pacifique de terre entreprise par les gens de Six Nations.

De plus, je vous écris pour demander au gouvernement canadien qu’il respecte ses responsabilités et rende le titre de propriété de Kanonhstaton (Douglas Creek Estates) aux gens de Six Nations.

Il est plus que temps que les réclamations de terre des communautés autochtones soient prises en compte. Afin de résoudre la réclamation de terre présentement en cours sur le territoire Onkwehonweh (Haldimand Tract), des négociations complètes doivent avoir lieu immédiatement avec le peuple de Six Nations, sur une base de nation à nation.

Hazel Hill, une porte-parole de Six Nations, a dit : « Nous n’avons pas créé cette situation, nous ne faisons que tenter de la rectifier, pour nos enfants et pour les générations futures. Nous sommes passés à l’action et avons re-réclamé un territoire qui nous revient de droit. Nous sommes ici en Paix et l’avons été depuis le 28 février… Le Canada va-t-il permettre à la haine et aux violentes expressions de racisme de ses citoyens de continuer et possiblement créer un nouvel Ipperwash, ou va-t-il se servir des leçons du passé pour s’assurer que la violence s’arrête et admettre à ses citoyens que c’est à cause de leurs propres actions et abus de pouvoir que nous sommes dans cette situation aujourd’hui. »

Je vous presse de prendre ces mots au sérieux et de passer à l’action pour assurer une résolution juste de cette question d’une manière rapide et juste.

Sincèrement,

VOTRE NOM

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